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🦌 Le gibier est-il vraiment sauvage ?

🩌 Votre gibier est-il vraiment sauvage ?

Le gibier est rĂ©putĂ© pour ses saveurs prononcĂ©es et son caractĂšre si particulier. Mais tous les animaux que nous associons au gibier n’ont pas nĂ©cessairement vĂ©cu Ă  l’état sauvage. Faisan, canard, cerf et mĂȘme sanglier peuvent provenir d’animaux Ă©levĂ©s ou nourris dans des conditions contrĂŽlĂ©es. Cela ne signifie absolument pas que leur viande est de moindre qualitĂ©. Bien au contraire : le gibier d’élevage est souvent particuliĂšrement tendre et d’une qualitĂ© trĂšs constante. Mais le vĂ©ritable gibier sauvage est diffĂ©rent. Moins prĂ©visible, parfois un peu plus ferme, mais dotĂ© d’un caractĂšre difficile Ă  reproduire. Et cette diffĂ©rence a Ă©galement des consĂ©quences importantes sur la prĂ©paration.

 

đŸŒČ Le vĂ©ritable gibier sauvage suit le rythme de la nature

Un animal sauvage ne vit pas selon un programme de production.

Il cherche lui-mĂȘme sa nourriture, se dĂ©place continuellement et vit au rythme des saisons. Son alimentation, son activitĂ© physique, son Ăąge et mĂȘme les conditions de son habitat influencent directement la viande que nous retrouvons finalement dans notre assiette.

C’est pourquoi le vĂ©ritable gibier sauvage n’est jamais totalement uniforme.

Un canard sauvage sera parfois un peu plus gros qu’un autre. Un chevreuil pourra prĂ©senter une structure lĂ©gĂšrement plus fine qu’un autre. La couleur, la quantitĂ© de graisse et l’intensitĂ© de la saveur peuvent Ă©galement varier.

Pour une industrie qui recherche un produit aussi constant que possible, cela pourrait ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un inconvĂ©nient.

Pour nous, cela fait justement partie de son charme.

Le véritable gibier est un produit de la nature. Et la nature ne produit tout simplement pas selon un cahier des charges.

 

🩌 Mais qu’entend-on alors par gibier d’élevage ?

Il existe également des animaux que nous associons traditionnellement au gibier, mais qui sont élevés ou maintenus dans des conditions contrÎlées.

Leur alimentation, leur environnement et leur croissance peuvent ainsi ĂȘtre beaucoup mieux maĂźtrisĂ©s. Souvent, les animaux sont Ă©galement abattus Ă  un Ăąge ou Ă  un poids dĂ©terminĂ©.

Le grand avantage est la régularité.

Les morceaux présentent des dimensions relativement constantes, la structure de la viande est plus uniforme et la tendreté est beaucoup plus prévisible.

Et qu’il n’y ait aucun malentendu : cela peut donner une viande absolument excellente.

Pour nous, la principale différence réside surtout dans le caractÚre.

 

🩆 Un canard sauvage est trĂšs diffĂ©rent d’un canard d’élevage

Chez le canard, la différence est particuliÚrement évidente.

Un canard d’élevage est gĂ©nĂ©ralement plus gros et plus gras. Sa viande prĂ©sente une structure assez constante et sa gĂ©nĂ©reuse couche de graisse constitue Ă©galement un avantage lors de la cuisson.

Un canard sauvage a menĂ© une vie totalement diffĂ©rente. Il a volĂ©, nagĂ© et recherchĂ© lui-mĂȘme sa nourriture. Il est donc gĂ©nĂ©ralement plus petit, plus maigre et plus ferme, tout en offrant une saveur nettement plus prononcĂ©e.

C’est prĂ©cisĂ©ment pour cette raison qu’un canard sauvage ne doit pas ĂȘtre prĂ©parĂ© de la mĂȘme maniĂšre qu’un canard d’élevage.

Bien saisir un canard sauvage constitue un excellent départ, mais ensuite, une cuisson plus douce et plus longue peut justement aider à attendrir sa chair plus ferme.

Comme l’animal contient beaucoup moins de graisse, il est important de veiller à ce que la viande ne se dessùche pas pendant cette cuisson.

 

💧 Ajouter de l’humiditĂ© sans faire baigner la viande

Ajouter un peu d’humiditĂ© pendant la prĂ©paration d’un canard sauvage ou d’un faisan n’a donc rien d’exceptionnel.

On peut évidemment utiliser un peu de fond, de vin ou un autre liquide, mais il existe aussi des méthodes plus subtiles.

L’une de nos prĂ©fĂ©rĂ©es consiste Ă  faire cuire avec la viande des lĂ©gumes naturellement riches en eau.

Des lĂ©gumes comme l’oignon, l’échalote, la carotte ou le chicon (endive) libĂšrent progressivement leur humiditĂ© pendant une cuisson lente. En mĂȘme temps, ils transmettent leurs arĂŽmes Ă  la viande et forment, avec les sucs de cuisson, une dĂ©licieuse base pour la sauce.

Les fruits peuvent Ă©galement jouer ce rĂŽle. Pensez par exemple Ă  la pomme, Ă  la poire ou Ă  d’autres fruits qui s’accordent parfaitement avec le gibier.

Ainsi, vous n’ajoutez pas simplement de l’humiditĂ© : vous dĂ©veloppez Ă©galement les saveurs tout au long de la cuisson.

 

🐩 Le faisan : parfois Ă©levĂ© presque comme un produit agricole

Le faisan constitue un autre exemple particuliÚrement intéressant.

Dans certaines rĂ©gions Ă  l’étranger, on peut parfois apercevoir d’immenses quantitĂ©s de faisans dans les champs. Ces animaux y sont Ă©levĂ©s Ă  grande Ă©chelle, presque comme s’il s’agissait d’une production agricole.

LĂ  encore, cette viande n’est absolument pas nĂ©cessairement mauvaise.

Bien au contraire, son grand avantage réside une nouvelle fois dans sa régularité. Les animaux ont un ùge comparable, reçoivent une alimentation contrÎlée et fournissent donc un produit relativement constant.

Un véritable faisan sauvage, en revanche, raconte une tout autre histoire.

L’animal a beaucoup plus bougĂ© et a recherchĂ© lui-mĂȘme sa nourriture. Sa viande est gĂ©nĂ©ralement plus maigre et plus ferme, avec davantage de caractĂšre et une saveur plus prononcĂ©e.

Le faisan sauvage mérite donc lui aussi une préparation adaptée : commencez par bien le colorer, puis laissez-lui suffisamment de temps pour cuire doucement. Un peu de liquide ou quelques légumes riches en eau pendant la cuisson peuvent, là encore, faire toute la différence.

 

🐗 Sanglier : plus tendre ne signifie pas automatiquement meilleur

Chez le sanglier également, nous constatons clairement cette différence.

Un filet provenant d’un vĂ©ritable sanglier sauvage de nos rĂ©gions peut par exemple ĂȘtre sensiblement plus ferme qu’une viande provenant d’animaux vivant dans des conditions davantage contrĂŽlĂ©es et bĂ©nĂ©ficiant d’une alimentation complĂ©mentaire.

Dans des pays comme l’Espagne, ce type de systĂšme existe. En contrĂŽlant davantage l’alimentation et les conditions de vie, on peut obtenir une viande plus rĂ©guliĂšre et souvent plus tendre.

Comparez-la Ă  celle d’un sanglier ayant rĂ©ellement vĂ©cu librement dans nos forĂȘts, et la diffĂ©rence peut ĂȘtre considĂ©rable.

Mais cela signifie-t-il que le morceau le plus tendre est automatiquement le meilleur ?

Pas nécessairement.

Le produit contrÎlé offre tendreté et régularité. Le véritable sanglier sauvage offre une structure propre et une saveur façonnée par son environnement naturel.

Ce sont deux qualités différentes.

 

🩌 Cerf : la Nouvelle-ZĂ©lande face au vĂ©ritable gibier sauvage

Le cerf est probablement l’un des meilleurs exemples pour dĂ©montrer Ă  quel point le gibier d’élevage peut ĂȘtre qualitatif.

La viande de cerf provenant, par exemple, de Nouvelle-ZĂ©lande est rĂ©putĂ©e pour sa qualitĂ© particuliĂšrement constante. Les animaux sont Ă©levĂ©s dans des conditions contrĂŽlĂ©es, ce qui permet de mieux maĂźtriser leur alimentation, leur Ăąge et leur poids d’abattage.

On obtient ainsi, encore et encore, des morceaux prĂ©sentant approximativement les mĂȘmes dimensions et la mĂȘme structure.

Et surtout : la viande est presque toujours remarquablement tendre.

Pour une cuisine professionnelle, cette rĂ©gularitĂ© reprĂ©sente Ă©videmment un Ă©norme avantage. Lorsqu’un chef doit prĂ©parer vingt portions identiques, la prĂ©visibilitĂ© est particuliĂšrement apprĂ©ciable.

Un jeune cerf provenant réellement de la nature ne pourra jamais offrir une telle uniformité.

Chaque animal est diffĂ©rent. Les dimensions, la structure, la tendretĂ© et mĂȘme la saveur peuvent varier.

Mais ici encore, vous recevez quelque chose d’autre en Ă©change : le caractĂšre du vĂ©ritable gibier sauvage.

 

đŸ”„ Tous les gibiers ne se prĂ©parent pas de la mĂȘme maniĂšre

Et c’est ici que les choses deviennent vraiment importantes.

Dire que « le gibier est maigre et doit donc toujours ĂȘtre cuit rapidement » est beaucoup trop simpliste.

Tout dĂ©pend de l’animal et du morceau de viande.

Un canard sauvage entier ou un faisan possĂšde une structure totalement diffĂ©rente de celle d’un filet de chevreuil particuliĂšrement tendre.

Un filet de chevreuil, nous prĂ©fĂ©rons justement le cuire briĂšvement. Bien le saisir, surveiller attentivement la tempĂ©rature Ă  cƓur et le servir joliment rosĂ©. Si vous faites cuire trop longtemps un morceau aussi maigre et tendre, vous perdez prĂ©cisĂ©ment les qualitĂ©s qui le rendent si exceptionnel.

Pour un canard sauvage entier ou un faisan, l’inverse peut ĂȘtre vrai. AprĂšs avoir bien saisi la viande, une cuisson plus douce et plus longue peut ĂȘtre nĂ©cessaire pour attendrir sa structure plus ferme. Comme ces animaux contiennent peu de graisse, il faut Ă©galement veiller Ă  prĂ©server suffisamment d’humiditĂ© pendant la cuisson.

C’est peut-ĂȘtre la leçon la plus importante :

Il n’existe pas une seule mĂ©thode de cuisson universelle pour le gibier.

 

👹‍🍳 Regardez la viande, pas seulement la recette

Avec un produit d’élevage trĂšs uniforme, il est relativement facile de reproduire une recette. Le filet suivant aura approximativement les mĂȘmes dimensions et la mĂȘme structure que le prĂ©cĂ©dent.

Avec du véritable gibier sauvage, il faut davantage cuisiner avec les yeux et avec les mains.

Quelle est la taille de l’animal ? Quelle quantitĂ© de graisse contient-il ? Comment est la structure de la viande ? Quel morceau avez-vous devant vous ?

Un petit canard sauvage peut rĂ©agir plus rapidement Ă  la cuisson qu’un exemplaire plus grand. Un filet de chevreuil peut ĂȘtre lĂ©gĂšrement plus Ă©pais qu’un autre.

Une recette reste Ă©videmment un excellent guide, mais avec le vĂ©ritable gibier, c’est finalement le produit qui dicte la cuisson.

 

🍂 Alors
 le gibier d’élevage est-il moins bon ?

Absolument pas.

Le gibier d’élevage possĂšde mĂȘme plusieurs avantages importants. Il est plus constant, souvent plus tendre, plus uniforme en taille et plus prĂ©visible lors de la prĂ©paration.

Mais le véritable gibier sauvage offre autre chose.

Un animal qui a vĂ©cu librement dans la nature, recherchĂ© lui-mĂȘme sa nourriture et Ă©tĂ© constamment en mouvement ne donnera jamais un morceau de viande parfaitement standardisĂ©.

Il donne un produit de la nature.

Parfois un peu plus petit. Parfois un peu plus ferme. Parfois étonnamment intense en goût. Et jamais tout à fait identique au précédent.

Pour certains, cette variabilité peut sembler moins pratique.

Pour les amateurs de gibier, c’est prĂ©cisĂ©ment ce qui le rend si exceptionnel.

La tendretĂ© peut se maĂźtriser. L’uniformitĂ© peut s’élever. Mais le caractĂšre ? Il est beaucoup plus difficile Ă  reproduire.

Et c’est prĂ©cisĂ©ment pour cette raison que, chez Gustor, nous attendons chaque annĂ©e avec impatience le moment oĂč la vĂ©ritable saison du gibier commence. 🩌🩆🍂

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